Après deux poèmes parus dans le numéro de janvier 👉, voici un troisième poème de Leo Zelada qui vient d´organiser un nouveau récital de poésie très intéressant à The Dissident, au 58 rue Richer à Paris.
Leo Zelada est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes (Delirium Tremens, Journal d’un Cyberpunk, Bitácora de un Nosferatu a punto de amanecer, El camino del dragón, Minimal Poetica, Transpoetica) et d'un roman (Último Nómada) et on peut le suivre sur son blog (en espagnol) Diario de un Dragón. 👉
Léo Zelada entouré des autres intervenants au récital qu'il a organisé à The Dissident
Homo no sapiens
Hier j’ai trop parlé et je n’ai pas réussi à soulager ma douleur.
Depuis que je suis loin de ma patrie j’ai commencé
à parler davantage. Même si je pense
que je communique moins.
J’ai vécu dans le silence durant la plus grande partie
de ma vie et maintenant
je suis surpris de ma loquacité inhabituelle.
La lune me rappelle mon exil. Ma tragédie sans nom.
J’écris quand tout le monde dort.
La nuit est mon amante. Comme
un hibou myope j’erre dans les rues insignifiantes…
Je me cale dans le coin d’un bar.
J’observe la scène avec clarté.
Des personnages font des bruits étranges
avec leur bouche. Des gestes
faux et superficiels. Je ne me reconnais pas parmi eux.
Je suis si loin de tout le monde.
Je préfère la solitude des avenues à la compagnie
de mes semblables.
Parfois je ne me sens pas humain.