Bruno Spadaro lors de son vernissage au Chentre Culturel de Chine à Paris
(photo Au fil de l´eau)
Il est des couleurs qui résonnent dans la tête comme des chansons. Pour Bruno Spadaro, c’est le bleu. Il illumine ses toiles, de mille reflets enchanteurs. Tour à tour mer limpide, ciel voilé ou fragment de glace, on retrouve cette teinte comme une constante de ses œuvres.
C’est comme une expression du souffle de la vie et de l’éphémère bonheur de l’instant. Ses tableaux, à la fois empreints de joie immédiate et d’éternité plus grave constituent des témoins d’un univers impérissable où la présence humaine apporte légèreté et sympathie.
Bruno Spadaro devant ses œuvres
(photo Arnaud-Louis Chevallier)
Bruno Spadaro m’explique que le bleu est à peu près partout dans la nature, mais que pendant longtemps, ça a été l’une des couleurs les plus difficiles à reproduire. Dans l’Egypte antique, le bleu d’Alexandrie ou bleu égyptien était obtenu à partir de l’azurite, pierre composée de carbonate de cuivre hydraté, puis à partir de verre coloré au cuivre réduit en poudre, mais la recette s’est perdue au cours du Moyen Age. On s’est alors orienté vers une autre pierre, le lapis-lazuli, importée des hautes montagnes de Perse dont on a coloré les vases, les sculptures ou les peintures, mais le prix en était exorbitant et la teinture bleue valait quasiment aussi cher que l’or. Ce n’est qu’à la Renaissance qu’est apparu le smalt, un pigment minéral dérivé du cobalt, sensiblement moins cher.
Pour l’artiste, l’utilisation du bleu, c’est ajouter du luxe et de la valeur à ses œuvres dans notre inconscient collectif. Mais il utilise aussi de l’ocre, lointain cousin de l’or ou des pointes de rouge, précieux comme le sang. Chacune de ses peintures est changeante comme l’atmosphère. On peut rester des heures devant elles et découvrir des détails qui en bouleversent lentement la signification. Son style est à mi-chemin entre figuration et abstraction, ce qui permet au spectateur d’imaginer la vérité qui se cache dans chaque tableau, à partir de ses propres souvenirs et de son humeur du moment.
"Voile au vent"
"Au large"
"Au loin"
"Un nouvel horizon"
Pour ma part, selon les toiles, je me projette au bord de la Méditerranée, ou de la mer des Caraïbes. J’entends le cliquetis des voiles et des cordages sous l’effet du vent. Je sens le soleil inonder l’horizon puis, d’un seul coup, la pluie venir abreuver le sol ou l’océan, avides de fraicheur. Plus loin, je me retrouve en altitude, bercé par le silence et le crissement de mes pas sur la neige. Plus loin encore, je suis en région parisienne, en zone industrielle, à l’aube, lorsque le ciel encore dans le feu de l’endormissement éclaire la Seine déjà bleue et alerte.
"Vibration"
Bruno Spadaro tente de nous faire partager ses émois et ses bonheurs visuels par des peintures expressives et rassurantes. Il souhaite aussi, à son niveau, contribuer au dialogue artistique entre les peuples, convaincu que dans notre monde moderne de plus en plus incertain, l’harmonie ne peut venir que de la rencontre avec l’autre.
On peut actuellement découvrir ses toiles, jusqu’au 15 mai, au Centre Culturel de Chine à Paris dans le cadre de l’exposition « Convergences » dont il est à l’initiative. Le lieu est magnifique, dans un hôtel particulier du VIIème arrondissement, au 1 boulevard de la Tour-Maubourg, donnant sur un jardin, légèrement amputé pour la construction d’une salle d’exposition supplémentaire et d’une cafétéria en étage.
L´escalier magistral du Centre Culturel de Chine à Paris
(photo Arnaud-Louis Chevallier)
Vue sur le jardin
(photo Arnaud-Louis Chevallier)
La cafétéria
(photo Arnaud-Louis Chevallier)
Vue du vernissage (photo Au fil de l´eau)
Le choix du lieu d’exposition ne doit rien au hasard. A un moment où les Etats-Unis préfèrent s’imposer par la force bestiale des armes militaires ou commerciales, la Chine, civilisation millénaire, tisse sa toile autour de valeurs culturelles et humanistes communes pour devenir un interlocuteur privilégié de nombreux pays, notamment en Afrique et en Europe.
Et Bruno Spadaro, ouvert sur le monde et curieux des autres peuples, en particulier asiatiques, fait partie du petit noyau parisien d’amateurs d’art et de vernissages qui parle couramment le mandarin.